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Dépénaliser le cannabis ou mieux, libéraliser et encadrer l’usage et le marché des drogues

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Drogues : hypocrisie populiste généralisée ou politique criminelle de l’autruche ? Il est temps d’agir !

Un  peu d’histoire : La prohibition aux USA dans les années 30

En 1919, les USA mirent en place la « Prohibition », c’est-à-dire, l’interdiction de vendre de l’alcool, considérant que c’était un fléau national et que l’interdire supprimerait la consommation. Chacun sait ce que cela eut pour résultat. L’arrêt de la consommation alcoolique ? Bien sur que non. L’explosion sans précédent de la criminalité, le marché de l’alcool atterrissant entre les mains de mafias qui n’en demandaient pas tant. Celles-ci récupérèrent et se mirent à contrôler  l’ensemble de l’économie de  l’alcool, de la production à la vente en passant par le transport et le stockage.

Bonne aubaine, elles purent s’enrichir comme elles ne l’avaient jamais fait auparavant, et les USA connurent peu à peu un véritable cauchemar. En 1933, après 14 ans de désordres et de violences que le cinéma a parfaitement décrites dans des films cultes comme Scarface ou les incorruptibles l’ineptie fut stoppée par Roosevelt. L’industrie du crime perdit aussitôt une très grande partie de ses revenus, l’industrie de l’alcool réintégra la sphère légale, imposable, contrôlable et le calme et la paix civile revinrent peu à peu dans les villes. CQFD.

Aujourd’hui : les nouvelles prohibitions – Les drogues, fléau mondial

Question à 2€ :

  • Qu’est-ce qui est interdit à peu près partout dans le monde du vingt et unième siècle ? Les drogues.
  • Quelle est aujourd’hui, au vingt et unième siècle, la source principale de richesse du petit et du grand banditisme un peu partout dans le monde ? Les drogues.
  • Pourquoi ? Parce que, l’usage des drogues est aussi vieux que le monde, parce que la recherche et l’usage de substances ou de pratiques ayant pour but d’oublier momentanément un peu de la dureté du monde et au contraire de favoriser le plaisir, est aussi ancienne que le monde. Et que, pour cette raison, interdire ne signifie pas, supprimer, éradiquer comme on peut éradiquer une maladie (et encore), mais signifie simplement en extraire l’usage de la vie légale, ouverte, aux yeux de tous, fermer les yeux, avoir bonne conscience, transformer tout consommateur en délinquant tout en lui ouvrant grandes les portes de l’industrie du crime, de son opacité mortelle et de son absence totale de tout sens moral.

Interdire les drogues, leur usage, leur commerce, production, cela ne signifie en aucune manière la suppression de l’usage, => cela n’en signifie donc pas non plus la suppression de leur production, de leur transport, de leur stockage, de leur commerce ! …Sauf pour l’économie des États qui, d’un côté, ne perçoivent plus aucun impôt sur ce secteur entier de l’économie, ne peuvent plus mener aucune politique préventive ou accompagnatrice et d’un autre côté, doivent renforcer leur politique répressive, dépenser de plus en plus d’argent à lutter contre ces pieuvres maffieuses insaisissables, renforcer les actions curatives vers les victimes les plus extrêmes des drogues, produire des organismes internationaux, des politiques de police de plus en plus mondialisées et intrusives,  restreindre chaque fois un peu plus les libertés, etc.

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Franchement, personne ne perçoit comme un petit souci ?

Quant on relit un peu l’histoire de tout cela, on s’aperçoit que jusqu’au vingtième siècle globalement, seules quelques religions, toujours promptes à interpréter leurs propres textes de façon restrictive et quelques monarques et autres dictateurs « éclairés » (que j’aime cette notion surréaliste…), interdirent à tour de bras, qui l’alcool, les drogues, le tabac, etc. pour prétendument protéger leurs ouailles par définition inaptes à contenir leurs excès et à maîtriser leur propre vie, n’est-ce pas !

À partir du début du vingtième siècle, la production et le commerce des drogues, de l’opium en particulier au début, devinrent peu à peu des enjeux continentaux d’un monde aux économies en voie d’internationalisation croissante, en même temps que les empires coloniaux et autres empires tout court se désagrégeaient, de révolutions en guerre coloniales,  de décolonisations plus ou moins sanglantes en avènement de démocraties vraies ou simulacres, un peu partout sur la planète. Que faire des pays producteurs, qui allait gagner quoi ? Comment réguler tout cela ?

Au final, faute aux États et à la communauté des États de s’asseoir à une table de l’ONU (par exemple) et à se mettre à réfléchir aux enjeux réels, les mêmes préfèrent neutraliser pour tous, ce gros gâteau de la drogue devenu trop compliqué à partager et à digérer, légifèrent et nous concoctent une première convention en 1912 sur l’Opium, puis parachèvent ce beau travail d’une très belle et bien hypocrite convention unique : la célèbre convention unique sur les stupéfiants de 1961, que chaque parrain de mafia internationale possède, encadrée et exposée pieusement au dessus de sa jolie cheminée de marbre, dans chacune de ses demeures et nombreuses villégiatures…

La liste des substances proscrites et visée par la convention est dès lors tenue et contrôlée par le non moins fameux OICS (Organe international de contrôle des stupéfiants, INCB en anglais), lequel tranche sur le fait de savoir si la substance sera un médicament libre, un médicament sous contrôle ou bien une méchante drogue interdite….

Et si on retenait un peu les leçons de l’histoire ?

Récapitulons :

  • Tout au long du XXème siècle, la plupart des États du monde n’ont eu de cesse que de contrôler, encadrer, limiter les usages des drogues (et de leurs ‘ravages’ supposés hum) et en interdire la fabrication et le commerce, grosso modo pour la simple raison … que c’était plus simple à régler comme ça… C’est ainsi que raisonnent les autruches, « je mets la tête dans le sable et j’attends que ça passe ».
  • D’un autre côté, la prohibition nous l’a clairement montré, l’échec de toutes les campagnes, politiques et stratégies nationales ou internationales de restriction des drogues l’a démontré aussi, interdire ne supprime pas.

Bref, nous sommes en 2016, le vingt et unième siècle est bien entamé désormais, il serait temps de commencer à sortir la tête du sable et penser autrement, retenir les leçons de l’histoire et avancer.

Il est temps de se rappeler de Roosevelt et de son immense sagesse : il est temps de s’attaquer au chantier de la légalisation des drogues :

  • Pour retirer cette importante source de profit au crime organisé international et le réduire !
  • Pour remettre la paix dans nos rues, dans les halls d’immeuble de nos cités ;
  • Pour alléger le travail de la police et le concentrer au plus près de nous, sur la proximité, la protection, la paix ;
  • Pour contrôler la production, la vente, la diffusion des drogues en en encadrant les usages, parce que ce ne sont pas des produits anodins et parce que, oui, ces produits posent et poseront toujours question à une société humaine qui se soucie de tous ses membres ;
  • Pour enfin, au lieu de provoquer de l’exclusion autour de l’usage des drogues, pouvoir faire du soin, de l’accompagnement, pouvoir écouter, entourer, avoir la possibilité de mesurer, suivre, faire de  la prévention.

En France, certains ministres, à l’instar de Jean-Marie Le Guen et de certains élus, commencent à en parler, soutenons-les, encourageons les, poussons les.

Gilles Saulière
Secrétaire National du Front Démocrate
Membre du Bureau National de l’UDE

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