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Refonder notre contrat social autour d’un Revenu universel

ob_37dcfe_discours-udeA l’heure où la République semble vaciller, où les extrêmes progressent, où la défiance et la peur s’enracinent, il nous faut réagir. L’une des causes de ce profond malaise qui handicape notre pays, réside dans l’angoisse face à un chômage massif que nul ne parvient à faire reculer. Pourtant le gouvernement ne manque pas de bonne volonté et prend toutes les mesures pour relancer la croissance économique, mais cela peut-il suffire ? Pour sortir la France de l’ornière a-t-on vraiment « tout essayé » ?

La plupart des experts s’accordent pour le reconnaître : l’économie est en train de connaitre des bouleversements aussi radicaux que pouvait l’être la révolution industrielle jadis. Même si la croissance revient bientôt (les chiffres indiquent un léger redémarrage), retrouver le « plein emploi » apparait très hypothétique voire impossible du fait de l’essor de l’économie numérique et de l’automatisation. Gardons à l’esprit qu’une usine qui employait 200 employés il y a encore quelques années, n’a besoin aujourd’hui que d’un quart de cet effectif pour produire une quantité égale ou supérieure de marchandises. La productivité s’accroît au fur et à mesure des progrès technnologiques, de la robotisation, de la numérisation… L’économie collaborative est en plein essor et le champ du salariat, incontestablement, se rétrécit.

Il nous faut donc imaginer des solutions nouvelles adaptées à l’économie de demain et aussi, forcément, repenser notre rapport à l’emploi.

L’une des idées les plus séduisantes est l’instauration d’un Revenu Universel de base. Une somme allouée à chaque citoyen durant toute la durée de sa vie, en substitution de la plupart des aides sociales existantes. Ce qui passait pour une douce utopie il y a quelques années commence à convaincre des experts et des élus de plus en plus nombreux, de tous bords politiques. Certains pays songent à l’expérimenter, certains comme la Finlande annoncent une mise en place prochaine. En France, le Conseil national du Numérique a remis un rapport au gouvernement préconisant l’étude d’un tel dispositif.

J’ai participé il y a quelques jours à un passionnant débat organisé par l’Association pour L’instauration d’un Revenu d’Existence, réunissant des économistes et des responsables politiques de droite et de gauche (Delphine Batho pour le PS, Frédéric Lefebvre pour Les Républicains, Sylvie Goulard pour le Modem, Karima Delli pour Les Verts) en présence d’une délégation de l’UDE.

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Différentes options à étudier

Certes de nombreuses options sont à étudier en détails. Quel sera le montant de ce Revenu universel, à qui sera-t-il versé, à partir de quel âge, en remplacement de quelles aides sociales déjà existantes ?… Autant de questions qui nécessitent un grand débat national, préservé de réflexes partisans ou d’a priori dépassés.

Pour information, l’Association pour L’instauration d’un Revenu d’Existence (A.I.R.E) a identifié 3 approches différentes pour définir le Revenu universel :

– une option « basse » reviendrait à généraliser la distribution à toute la population du RSA (470 euros/mois) financé par un impôt proportionnel remplaçant de nombreux dispositifs sociaux et fiscaux actuels.

-une option « maximaliste » distribuerait de façon égale à toute la population l’ensemble du budget de la protection sociale actuelle (assurances chômage et retraite comprises) soit environ 800 euros/mois.

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-une option « dynamique » supprimerait les aides à l’emploi accordées aux entreprises, avec la contrepartie d’un assouplissement en terme de salaire minimum, pour financer un Revenu universel d’environ 550 euros/mois, sans remplacer les assurances sociales actuelles (retraite et chômage).

Il apparaît que l’option « maximaliste » serait difficilement instaurable d’un seul coup et nécessiterait des étapes de transition, mais il me semble qu’il s’agit du scénario le plus intéressant à long terme.

De nombreux avantages

On voit bien les avantages d’un tel Revenu, à commencer par la simplification du système des aides sociales et la suppression de la fraude. Ce projet est de nature à répondre aux attentes de personnes de sensibilité « de gauche » comme « de droite ». A gauche on se félicitera de l’éradication de la grande pauvreté. A droite on sera intéressé par le dynamisme économique que cela peut engendrer (facilitation de la flexibilité du travail, encouragement à l’entreprenariat)… Certains mettent en avant que ce Revenu permettrait aux gens de choisir plus aisément un temps partiel, ou de se consacrer à des activités non marchandes (y compris sociales, intergénérationnelles etc) humanitaires, artistiques ou innovantes. Bref, plus de liberté pour chacun pour choisir ses occupations et son mode de vie… A l’objection qui consisterait à penser que ce système encouragerait la paresse et l’inactivité, des experts répondent que les différentes expérimentations (certes d’assez faibles envergures) n’ont pas démontré une telle orientation, du moins pas pour la majorité des personnes.

J’y vois aussi une manière de réconcilier urbains et ruraux et de permettre à la population de réinvestir nos territoires régionaux (plus besoin de s’entasser dans des banlieues trop souvent devenues des ghettos, pour répondre aux exigences du marché du travail). Les avantages sont vraiment nombreux et variés…

Certes chaque système ayant ses défauts, il ne s’agit pas d’affirmer que le Revenu universel est la panacée qui guérira tous les maux de la société et supprimera toutes les inégalités. Mais il me semble qu’il va dans le sens de l’Histoire, qu’il est de nature à accompagner le mieux possible la nouvelle révolution économique qui se produit sous nos yeux.

L’important est que les responsables politiques, les experts, les entrepreneurs, les syndicalistes, les intellectuels et finalement les citoyens s’emparent du débat pour déterminer ce qu’il conviendra de mettre en place. Refonder notre contrat social : voilà un projet collectif qui me paraît de nature à remobiliser les citoyens autour d’un véritable espoir. Et cela va aussi dans le sens d’une recomposition politique large, au-delà de clivages souvent périmés, que nous appelons de nos voeux à l’Union des Démocrates et des Ecologistes.

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Par Julien Richard

Animateur UDE – FD Boucle Nord de Seine (92)

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